[Dossier] Le déclassement de l’autoroute A6/A7

Dans peu de temps, la traversée de Lyon pourra se faire sans rencontrer de feu rouge et notre ville sera la seule cité au monde, après Los Angelès, à se trouver dans un tel cas » 1970 –  Louis Pradel devant le Président de la République

La création de l’autoroute urbaine

Dates-De 1949 à 1958, l’automobile se démocratise et le parc automobile français passe de 1,3 million à plus de 5 millions d’automobiles. En 1970, un ménage sur deux a sa voiture. Il est donc impératif d’adapter la ville à la voiture.

C’est donc à partir des années 60, que des études d’urbanisme sont effectuées par les services déconcentrés des Ponts et Chaussées puis de l’Équipement, avec pour objectif de raccorder Lyon par des autoroutes à ses « voisines » pour développer le tourisme.

Aujourd’hui, cette autoroute urbaine est qualifiée d’être une aberration. Pollution en particules fines, pollution sonore, saturation des réseaux routiers, frein au développement de la Métropole,… Le déclassement des autoroutes A6 et A7, entre Limonest et Pierre-Bénite, annoncé par Gérard Collomb en mars 2016, est bien une réparation d’une absurdité urbaine.

En moyenne, ce sont 115 000 véhicules qui circulent quotidiennement sur l’axe A6/A7, mais le grand transit ne représente qu’environ 15% des trafics en moyenne sur les jours ouvrables, soit des déplacements intra-métropole, en particulier les trajets domicile-travail quotidiens. La priorité est donc de s’appuyer sur l’attractivité et l’efficacité de son système de transports collectifs pour compenser les conséquences de ce réaménagement sur les déplacements locaux, tout en restant vigilant que les mesures prises se fassent dans l’intérêt des circulations à l’échelle globale.

Le projet de déclassement 

Le projet de déclassement concerne environ 16km de linéaires, sur les portions des autoroutes A6 et A7 allant de Limonest/Dardilly, à hauteur de l’échangeur de la Garde, jusqu’à Pierre-Bénite, au Nord de l’échangeur avec l’A450.

Pour créer un boulevard urbain apaisé, il est prévu d’aménager des voies modes doux accueillant le réseau de transport en commun, les taxis et les covoiturages, des pistes cyclages et une végétalisation.

Cette réalisation est prévue en 3 étapes :

  • Horizon 2017- 2020
Horizon 2020-Déclassement A6 A7 - Fédération UDI Métropole de Lyon
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Dès 2017, sitôt le décret publié, des actions vont être mises en place pour inciter les automobilistes à ne pas circuler sur ces portions d’autoroutes. Il s’agit de créer des actions permettant de signaler la suppression du caractère autoroutier de l’axe A6-A7.

  • Interdiction du trafic de transit poids lourds sous le tunnel de Fourvière et sur la portion comprise entre Limonest-Dardilly et Pierre-Bénite,
  • Adaptation du jalonnement : suppression des panneaux bleus et mise en place d’un jalonnement métropolitain
  • Diminution de certaines vitesses et de la largeur des voies, permettant la création d’espaces végétalisme en bordure de routes,
  • Création de voies dédiées aux transports en commun, ouvertes également aux taxis et à l’autopartage, sur un itinéraire à étudier plus précisément avec le Sytral et les communes concernées
  • Premiers aménagements du quai Perrache
  • Adaptation du mobilier urbain : suppression des glissières, mise en place de luminaires ,etc…

En parallèle, le Sytral étudie actuellement l’adaptation ou la création de lignes express qui permettrons de desservir les villes périphériques à Bellecour, Part-Dieu et la gare d’Oullins

  • Horizon 2020-2025
Horizon 2025 - Déclassement A6 A7 - Fédération UDI Métropole de Lyon
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Les premiers travaux seraient engagés pour préparer un boulevard urbain apaisé, avec la réalisation du grand contournement. Accompagné d’une restriction du transit poids lourds et véhicules légers sur les axes A6-A7, Bonnevay et Rocade Est. L’objectif est d’accueillir de 70 à 80 000 véhicules / jour.

Aménagements envisageables :

  • Renforcement des transports en commun, poursuite du plan d’action pour les modes actifs, aménagements complémentaires sur certaines voies métropolitaines, etc.
  • Franchissements du Rhône
  • Traversées à niveaux et carrefours à feux, bandes cyclables, larges trottoirs

Des études conduites par l’État et cofinancées par la Métropole de Lyon sont actuellement en cours pour déterminer le meilleur tracé. Elles doivent être rendues au plus tard à la fin de l’année 2017.

  • Horizon SCOT 2030
Horizon 2030 - Déclassement A6 A7 - Fédération UDI Métropole de Lyon
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L’anneau des sciences fait partie des projets de réorganisation des grands axes de circulation dans la métropole. Il permettra de boucler le périphérique de Lyon à l’ouest de l’agglomération grâce à 14,6 km de voies rapides.

Grâce à cette réalisation, le boulevard urbain passera à 50 000 véhicules par jour sur l’axe central A6/A7. Ce qui entraînera un apaisement du trafic sur les voies de l’ouest, un désenclavement et une liaison des pôles de l’ouest entre eux et avec l’agglomération.

Il est également prévu de créer une multitude de parcs relais autour de cet Anneau des Sciences afin d’inciter les automobilistes à utiliser les transports en commun dans l’agglomération.

Positions de l’UDI

Depuis 15 ans, ce sujet est un véritable cheval de bataille des élus UDI de la Métropole de Lyon, ceux-ci se réjouissent de la validation de ce projet d’envergure, dont la réalisation de l’anneau des sciences.

Groupe UDI - Fédération-UDI-Métropole-de-LyonEn effet, cela fait 15 ans que les élus centristes démontrent de l’importance de l’Anneau des sciences, anciennement TOP, en évoquant des arguments forts comme le soulagement des territoires de l’Ouest et du centre de l’agglomération, l’amélioration de l’accessibilité de l’Ouest et l’amélioration des liaisons entre les territoires et la contribution au développement des sites propres. [Intervention de Yves-Marie Uhlrich de février 2015] [Intervention de Denis Broliquier de septembre 2015]

Par rapport au déclassement, ils sont revenus plusieurs fois sur l’importance de la réalisation du barreau Nord au niveau de l’A89 et au barreau Sud pour l’A47 ainsi qu’au projet de prolongement de l’A432. Ce prolongement pouvant permettre de réduire le flux de transit au niveau des axes A450, A47 et A7. Car, sans ce prolongement le projet d’A45 n’est pas possible, il est même inenvisageable. « Il ne permettra seulement d’arriver plus vite dans un bouchon plus gros au niveau de l’A450. » [Intervention de Denis Broliquier de mars 2016]

Lors des conseils concernant le déclassement, les élus UDI ont proposé deux idées supplémentaires qui ont pour but de maximiser les plus values de cette évolution majeure :

La création d’un Réseau Express Métropolitain (REM). Ce RER à la Lyonnaise doit être porté en partenariat avec la Région. Un réseau qui permettrait de développer un service métropolitain de qualité autour de lignes fortes et structurantes à l’échelle du bassin de vie Lyonnais. Ce sont ces lignes fortes identifiées qui devraient bénéficier prioritairement des investissements et qui devraient définir des fuseaux en termes d’urbanisme et de droit à construire dans le prochain PLU-H.

Le développement du covoiturage. Les élus UDI sont très attachés à l’optimisation de l’usage de nos infrastructures plutôt qu’à la multiplication de ses mêmes infrastructures. Ils souhaitent voir en place une politique réellement volontariste en faveur du covoiturage. Aujourd’hui, dans le cadre d’un déplacement domicile-travail une voiture ne transporte qu’1,07 personne… Autrement dit, lors des déplacements domicile-travail, l’immense majorité des conducteurs sont seuls dans leur véhicule. Passer par exemple de 1,07 à 3 personnes dans une voiture représenterait des milliers de voitures en moins sur nos infrastructures autoroutières. Le covoiturage est pour l’UDI un transport collectif individuel. Pour augmenter significativement le nombre de passagers, il convient de mettre en œuvre des mesures incitatives fortes ce que la Métropole de Lyon n’a pas fait à ce jour. Sur ce sujet comme d’autres, passons de la communication à l’action. Les élus UDI proposent de créer des aires de covoiturage importantes en périphérie de la Métropole, réserver des voies d’accès sur nos infrastructures autoroutières pour les covoitureurs et faciliter le stationnement à tarif préférentiel pour les covoitureurs. [Intervention de Christophe Geourjon de juillet 2016]

 

L’officialisation du déclassement

Le projet de déclassement évolue à grande vitesse.

Le 2 mars Gérard Collomb présente sa demande de déclassement à Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des Transports. Il expose ainsi la nécessité d’une requalification de certaines portions limitées à l’axe autoroutier qui pénalisent fortement l’agglomération lyonnaise.

Lors de la séance du conseil métropolitain du 21 mars, les élus locaux sont informés du projet et une présentation expose les enjeux de circulation et de transit vers le coeur de l’agglomération lyonnaise et le projet déclassement des autoroutes A6-A7 traversant Lyon.

L’accord de principe est donné par Alain Vidalies le 3 mai, ce qui officialise la faisabilité du projet.

Enfin, le 11 juillet le conseil de la métropole a délibéré pour demander officiellement à l’Etat le déclassement..

Prochaine étape : le décret de déclassement fin 2016

Visuel - Déclassement A6 A7 - Fédération UDI Métropole de Lyon

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