Plan Oxygène : Mise en place d’une zone de faible émission

 

La semaine dernière, la métropole de Lyon subissait une nouvelle fois un pic de pollution aux particules fines, la première de cet automne. C’est un nouveau cris d’alerte pour que nous agissons vite et de manière efficace.

Ce lundi 6 novembre, s’ouvre à Bonn le sommet de la COP23, ce sommet doit impérativement être l’occasion de redynamiser les Accords de Paris et d’avancer concrètement dans la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de CO2.

A cette même date a eu lieu une commission générale de la Métropole de Lyon, afin de présenter l’avancement du plan oxygène voté en juin 2016 et le lancement d’une concertation afin de mettre en place une zone de faibles émissions sur Lyon et Villeurbanne en interdisant la circulation des poids-lourds les plus polluants (diesel achetés avant 2014 et essences avant 2009) et les véhicules utilitaires légers les plus polluants, soit achetés avant 2011 pour les diesels et avant 2006 pour les essences.

La création d’une zone à faible émission dans le périmètre de Lyon et Villeurbanne serait la première mise en place effective du Plan Oxygène voté en juin 2016 dernier. Ce périmètre  de circulation restreinte est une des priorités que la loi de transition énergétique favorise afin de protéger la santé des populations dans les zones soumises régulièrement à la pollution atmosphérique.

Les enjeux de la qualité de l’air

C’est certain, la qualité de l’air est un enjeu pour la santé publique.

Classé cancérogène probable en 2012, les gaz d’échappement des moteurs diesel sont une principale source de pollution sur notre territoire. En 2013, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) certifie que la pollution de l’air extérieur est un cancérogène certain pour l’homme.

De plus, les chiffres sont alarmants : plus de 10 à 15% des enfants habitant en proximité du trafic routier souffrent de cas d’asthme, l’espérance de vie des lyonnais âgés de 30 ans aujourd’hui se voit réduite de 6 mois si les niveaux de pollution restent stables et 83% des rhônealpins sont inquiets de la qualité de l’air qu’ils respirent.  Il est temps d’agir.

La Métropole de Lyon fait partie des villes dépassant le nombre de jours d’épisodes pollué en particules fines (PM10) et en dioxyde d’azote (NO2) autorité par l’Union Européenne. Sachant que la pollution de l’air est la 1ère préoccupation environnementale des Français, l’enjeu de communication et d’attractivité de notre territoire se voit ternie alors que paradoxalement Lyon s’est vu classé dans les meilleures destinations étudiantes et meilleures villes à vivre.

Principale source polluant - UDI Métropole de Lyon

Le plan oxygène : une démarche d’amélioration de la qualité de l’air

Le Plan Oxygène voté en conseil le 27 juin 2016 s’axe principalement sur :

  • le transport et la mobilité : en développant les modes doux, l’usage du vélo, du covoiturage, et le pass urbain intégré.
  • L’habitat, grâce à la poursuite de l’Eco’Renov
  • Les activités économiques grâce à la charte « chantiers propres », aux mesures agro-environnementales et au soutien aux énergies renouvelables et récupérables.
  • Les actions transversales : planification urbaine dans le PLU-H et PDU, l’implication des Communes,

Voir l’intervention  de Christophe Geourjon

Concrètement, la Métropole de Lyon a engagé plusieurs actions.

Au niveau de la mobilité, grâce au PDU voté le 6 mars 2017 ce sont 1 milliard d’euros d’investissement prévus pour les transports en commun pour la période 2015-2020, une extension du réseau de voies cyclables à 1 000 km d’ici 2020, des rénovations importantes pour les gares de Part-Dieu et Perrache, le renouvellement du marché de Velo’v avec un nouvel équipement plus efficace, une offre de covoiturage et d’autopartage plus lisible et éco-responsable grâce à Optimod, Bleuly, Citiz et Yea et le dossier colossal du déclassement des autoroutes A6/A7 entre Limonest/Ecully et Pierre Bénite.

Dans le domaine de l’habitat, la plate-forme Ecorenov’ à déjà aidé 2100 logements pour leur rénovation thermique depuis son lancement. Ce sont 70 000 logements bénéficiant du réseau de chauffage urbain et 57% d’énergies renouvelables et de récupération, en 2030, l’objectif est de doubler le nombre de logement desservi et d’augmenter à 65% d’énergie renouvelable. 3200 appareils de chauffage au bois individuel non performant seront remplacés d’ici fin 2020 grâce à la Prime Air Bois.

Mise en place d’une zone de faible émission à Lyon et Villeurbanne

Quelques chiffres pour commencer : 

CONCENTRATION DE PM10 EN 2015 - UDI Métropole de Lyon CONCENTRATION EN NO2 EN 2015 - UDI Métropole de lyon
CONCENTRATION DE PM10 EN 2015

  • 100% de la population sous le seuil réglementaire
  • Mais 93% de la population exposée à une moyenne annuelle supérieure au seuil OMS
CONCENTRATION EN NO2 EN 2015

  • 92 000 habitants exposés à des valeurs supérieures au seuil réglementaire pour les NO2 en 2015
  • 47 700 habitants en 2016
  • 16 000 habitants en 2020
  • Le centre de l’agglomération et les zones en proximité des grands axes trafic sont très exposées au dioxyde d’azote

 

La mise en place d’une zone de faible émission vise à protéger les populations directement exposées par la pollution de particules fines dues aux oxydes d’azote (NOx). Il s’agit majoritairement des habitants en bordure de chaussée.

L’objectif est de diviser par 2 le nombre de personnes surexposées au NOx d’ici 2020, puis de ramener l’ensemble de la population sous les seuils réglementaires et sanitaires d’expositions d’ici 2030. Également, le but de ce projet est de donner un signal fort à l’ensemble de la population, tout en prenant en compte les grandes modifications de l’infrastructure routière grâce au déclassement des autoroutes A6/A7 entre autres. D’inciter le renouvellement naturel du parc automobile par des véhicules plus propres, tout en donnant aux acteurs concernés une vision stable à court et moyen terme sur la réglementation mise en œuvre via les vignettes Crit’Air

Ce système consiste à interdire l’accès d’un périmètre donné à des véhicules dépassant un certain niveau d’émission de polluants.

Plus précisément, ce périmètre centralisé sur Lyon et Villeurbanne a l’intérêt d’être lisible et contrôlable. Il maximiserait les effets sur la qualité de l’air tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du périmètre et minimise les effets sur les acteurs concernés.

Les véhicules ciblés seront ceux avec le plus fort ratio émissions de polluants par rapport au nombre de kilomètres parcourus, soit les poids-lourds et les véhicules utilitaires légers (25% des km parcourus, 45% des émissions de PM10, 60% des émissions de NOx) et selon leur âge (pour les poids-lourds diesel achetés avant 2014 et essences avant 2009 ; et les véhicules utilitaires légers achetés avant 2011 pour les diesels et avant 2006 pour les essences). Ce contrôle sera possible grâce aux vignettes Crit’Air.

Un autre moyen de contrôle est la création d’amendes lourdes pour les contrevenants allant jusqu’à 135€ pour les poids-lourds et à 125€ pour les véhicules utilitaires légers.

Avant la mise en place de cette zone, une concertation est nécessaire afin de trouver un juste équilibre pour tous les acteurs : elle aura lieu de novembre 2017 à janvier 2018 pour les acteurs du territoire et de décembre 2017 à février 2018 avec les professionnels (Artisans, messagers, transporteurs de marchandises, transporteurs de personnes, logisticiens ; Chambres consulaires, associations de professionnels…)

La mise en place effective est prévue pour juillet 2018, date prévue de mise en délibération en conseil.

Positionnement du groupe UDI Métropole de Lyon

Grâce à ce premier pas, la Métropole de Lyon rejoindrait ainsi la liste des villes Européennes respirables.

Quelques exemples d’actions concrètes : limitation de la vitesse à 30km/h à Vienne, Hambourg ou Grenoble ; piétonnisation du centre à Strasbourg ; interdiction des véhicules diesel en centre-ville à Oslo, Stuttgart fera de même en 2018, puis Paris en 2020 ; péage urbain à Londre ; interdiction des véhicules les plus polluants en centre-ville. Les exemples sont nombreux, surtout à l’étranger, particulièrement en Allemagne, Autriche, Belgique et Italie..

Dans ce contexte, pour les élus UDI, le déclassement des autoroutes A6/A7 et sa transformation en boulevard urbain entre Limonest/Ecully et Pierre-Bénite est un enjeu fort pour notre Métropole, mais c’est aussi une chance historique pour Lyon !

La mobilisation citoyenne, via la concertation va permettre d’aller plus vite et plus loin dans les actions concrètes pour améliorer la qualité de l’air dans notre Métropole. Nous souhaitons souligner le travail mené par les associations et les collectifs citoyens. A titre d’illustration, le collectif “Coalition Climat Rhône” organise ce mercredi un Forum Citoyen pour le Climat.

C’est un enjeu de santé publique, un enjeu démocratique, mais c’est aussi un enjeu d’attractivité de notre territoire !

Les élus UDI sont très attachés aux différentes possibilités de changement qui améliorent la qualité et le cadre de vie des Métropolitains. Lors de cette concertation nous serons vigilants sur 7 priorités :

  1. la mise en place la zone de trafic limité progressivement afin de modifier les habitudes des habitants sans trancher sur leurs quotidiens. Cela peut être fait avec une limitation à 30km/h dans l’hyper-centre. Dans un 2ème temps il nous paraît nécessaire que les limitations de circulation pour les véhicules les plus polluants soient élargies aux voitures. Cette élargissement doit être anticipé et il est nécessaire de mettre en place des mesures d’accompagnement pour les foyers les plus modestes.
  2. favoriser le développement des véhicules peu polluant et notamment les véhicules électriques.
  3. le développement d’un Réseaux Express Métropolitain (REM) de transports
  4. la création d’autoroutes pour les vélos sur les boulevards urbains …
  5. l’encouragement et le développement du covoiturage
  6. l’aménagement de l’espace piétonnier dans le centre ville afin de valoriser les commerces au cœur de la zone sans voiture.
  7. la mise en place d’un système de livraison écoresponsable qui ne pénaliserait pas les commerces et l’activité économique.

Une ultime remarque qui pour l’UDI conditionne la démarche dans sa globalité. Il est impératif de prendre en compte la dimension sociale de ces modifications, afin de ne pas fragiliser les ménages les plus modestes pour qui le budget transport peut être très significatif, et dans certains cas insupportable.

Il est urgent de passer de la théorie à la pratique. L’ouverture de cette concertation sera bénéfique pour récolter les bonnes et mauvaises pratiques et boostera la mise en oeuvre des actions !

Source : Le Monde
Source : Le Monde

 


Sources :

Grenoble – Ville apaisée : grenoble à 30km/h depuis le 1er janvier 2016

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